Colloque « 140 ans d'amitié entre la France et la Corée »
Le 16 octobre 2026, nous étions à l’Assemblée nationale pour le colloque « 140 ans d’amitié entre la France et la Corée ». Une journée organisée par la FKCCI (Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne), avec la CCI France Corée, KEY, le Centre Monclar et le Bataillon de Corée, autour d’une question simple : comment aller plus loin ensemble ?
Nous y sommes allés pour apprendre. Écouter celles et ceux qui construisent les liens entre nos deux pays depuis des années, et mieux comprendre ce qui se joue aujourd’hui entre la France et la Corée.
140 ans d’histoire… et même un peu plus
2026 marque les 140 ans du traité de 1886, qui a ouvert les relations diplomatiques entre la France et la Corée. Mais comme l’ont rappelé les historiens présents, l’histoire commence plus tôt. Dès 1836, des missionnaires français arrivent en Corée, et des baleiniers français chassent le long de ses côtes.
Le XXe siècle a ensuite tissé des liens plus profonds : la guerre de Corée a été la première opération extérieure de l’armée française, avec l’engagement du Bataillon français de l’ONU. Puis, entre 1987 et 1989, la démocratisation coréenne, les Jeux olympiques de Séoul et la chute du mur de Berlin ont ouvert une nouvelle ère. Quelques années plus tard, en 1993, le contrat du TGV coréen (KTX) avec Alstom symbolisait déjà une coopération industrielle durable.
De partenaires commerciaux à partenaires tout court
Ce qui nous a frappés, c’est le chemin parcouru par la Corée en quarante ans : d’un marché émergent à un concurrent direct de la France, y compris dans des secteurs historiquement français. Philippe Li, président de KEY et président d’honneur de la FKCCI, a ainsi rappelé que les deux pays sont aujourd’hui au coude à coude à l’export de cosmétiques.
Mais concurrents ne veut pas dire rivaux. Les exemples de coopération ne manquent pas. Air Liquide, présent en Corée depuis plus de trente ans, y a racheté en 2026 le producteur de gaz industriels DIG Airgas, et développe l’hydrogène avec Lotte. Le Conseil mondial de l’hydrogène est d’ailleurs coprésidé par Hyundai et Air Liquide. Côté échanges, le commerce de biens entre les deux pays a atteint 13,7 milliards d’euros en 2024.
Matthieu Lefort, directeur de Business France Korea, a résumé l’enjeu : passer d’une relation transactionnelle à une dynamique de création commune, en imbriquant les savoir-faire des deux pays.
Ce qui nous a le plus parlé
Une intervention nous a particulièrement marqués : celle de Hyun-Chul Kim, consultant spécialiste des nouvelles technologies et de l’export. Son constat est simple : la France et la Corée se connaissent encore peu. Cultures industrielles, communication, circuits de décision restent à apprivoiser. Résultat : pour les PME, trouver la bonne porte est difficile, et beaucoup d’opportunités se perdent faute de suivi.
Sa réponse : des échanges dans la durée, et des « relais de confiance » capables de connecter les bons interlocuteurs. Sa conclusion nous a beaucoup touchés : tout repose sur des personnes convaincues, qui cherchent et frappent aux portes.
C’est exactement ce que nous essayons de faire chez Blabla Korea : aider les entreprises à franchir ces premières portes, puis à entretenir la relation. Ce colloque nous a confortés dans cette direction, et rappelé tout ce qu’il nous reste à apprendre.
Autre message que nous retenons, porté par Alexandra Dublanche, vice-présidente de la Région Île-de-France : faire connaître en Corée une France qui ne se résume pas au luxe et à la gastronomie, mais qui est aussi une grande terre d’industrie et d’innovation.
Merci
Merci à la FKCCI et à l’ensemble des organisateurs pour cette journée riche, et à tous les intervenants pour la qualité des échanges. Nous repartons avec beaucoup de notes, de nouvelles pistes, et l’envie de continuer à aller à la rencontre de celles et ceux qui font vivre les liens entre la France et la Corée.
Si vous avez un projet avec la Corée et que vous souhaitez n’hésitez pas à nous contacter !