Comment obtenir son PVT pour la Corée du Sud ?

En 2023, j'ai fait mon PVT en Corée du Sud. Un an pour vivre le pays de l'intérieur : pas en touriste, pas en étudiante en échange, mais en habitante avec un travail, un quotidien, et des aventures qui m’ont énormément appris.

Si vous avez entre 18 et 30 ans et l'envie de tenter l'aventure, le PVT (Programme Vacances-Travail) est fait pour vous. Dans cet article, je vous explique les démarches étape par étape et je vous raconte comment ça s'est passé pour moi, du premier document jusqu'à mon premier emploi sur place.

Le PVT Corée du Sud, c'est quoi exactement ?

Le PVT est un accord entre la France et la Corée du Sud qui permet aux jeunes Français de séjourner un an en Corée avec le droit d'y travailler. La France dispose d'un quota de 2 000 places par an et contrairement au PVT Japon ou Canada, il est rarement atteint. Autrement dit : si votre dossier est complet, vous avez toutes les chances de l'obtenir.

Quelques caractéristiques à connaître :

  • C'est un visa à entrées multiples : vous pouvez sortir de Corée et y revenir librement pendant toute l'année.

  • Vous pouvez travailler, avec une limite de 25 heures par semaine pour les Français.

  • Vous pouvez suivre des cours (de langue notamment) jusqu'à 12 mois.

  • Le PVT ne se prolonge pas et ne se transforme pas en autre visa sur place. Au bout d'un an, il faut soit rentrer, soit obtenir un nouveau visa depuis l'étranger.

  • On ne peut en bénéficier qu'une seule fois dans sa vie donc il est important de bien choisir votre moment.

Les conditions pour demander son PVT Corée

Pour être éligible, vous devez :

  • Avoir entre 18 et 30 ans révolus au moment de la demande. À noter : en mars 2026, la France et la Corée ont annoncé l'extension prochaine de la limite d'âge à 35 ans. Ce n'est pas encore en vigueur à l'heure où j'écris (vérifiez le statut de cette mesure si vous avez plus de 30 ans).

  • Avoir un passeport français valide au moins 12 mois après le dépôt de la demande.

  • Être en France au moment de la demande.

  • Justifier d'environ 2 500 € d'économies (avec un billet aller-retour) ou d'environ 3 500 € si vous n'avez pas encore acheté votre billet.

  • Partir sans personne à charge.

  • Ne jamais avoir bénéficié du PVT Corée auparavant (un PVT dans un autre pays ne pose aucun problème).

  • Être en bonne santé et avoir un casier judiciaire vierge.

  • Souscrire une assurance santé couvrant toute la durée du séjour. Point non négociable : il n'existe aucun accord de sécurité sociale entre la France et la Corée. Sans assurance, vous n'êtes couvert par personne. Pour ce point je vous conseille les informations du site PVTiste, ils ont des articles très intéressants sur les assurances et j’ai tout simplement suivi leur conseil lorsque je suis partie.

Les documents à réunir pour votre dossier

C'est la partie qui demande le plus d'organisation. Voici la liste complète :

  1. Le formulaire de demande de visa (Visa Application Form n°17), à télécharger sur le site officiel du KVAC, complété et signé. Il faut y indiquer une adresse et un numéro de téléphone en Corée (celle d'une guesthouse, d’un hôtel réservé fait l'affaire).

  2. Votre passeport original.

  3. Une photo d'identité en couleur, de moins de 6 mois, format 3,5 x 4,5 cm sur fond blanc.

  4. Un billet d'avion aller-retour (ou une preuve de réservation). Si vous préférez attendre d'avoir le visa, un relevé bancaire montrant que vous avez les fonds pour l'acheter, en plus des 2 500 €, suffit.

  5. Une attestation de fonds certifiée par votre banque, très récente (moins d'une semaine).

  6. Un certificat de scolarité ou la copie de votre dernier diplôme.

  7. Le bulletin n°3 de votre casier judiciaire, de moins de 3 mois, apostillé. La demande du bulletin est gratuite et se fait en ligne ; l'apostille est une démarche supplémentaire qui prend du temps.

  8. Un certificat médical en anglais, de moins de 3 mois.

  9. Un programme de séjour (Working Holiday Activity Plan), en anglais ou en coréen : régions que vous comptez découvrir, types d'emplois recherchés, éventuels cours de langue.

  10. Une attestation d'assurance en anglais, valable un an, couvrant maladie, hospitalisation, rapatriement, invalidité, maternité et responsabilité civile

La procédure : comment déposer sa demande

Aujourd'hui, les demandes des Français passent par le KVAC (Korea Visa Application Center) à Paris, et le dépôt se fait par courrier :

Étape 1 : Réunir tous les documents listés ci-dessus. Commencez par le casier judiciaire apostillé et l'attestation bancaire : ce sont les deux documents qui prennent le plus de temps.

Étape 2 : Payer les frais de service du KVAC : 60 € par virement bancaire. Le visa en lui-même est gratuit. Ajoutez 12 € si vous souhaitez que votre passeport vous soit renvoyé par courrier recommandé plutôt que d'aller le récupérer à Paris.

Étape 3 : Envoyer votre dossier par courrier au KVAC, avec les formulaires administratifs supplémentaires demandés par le centre (preuve de paiement, formulaire de consentement, liste de contrôle). Vérifiez la liste exacte sur le site officiel visaforkorea.eu au moment de votre envoi, car elle peut évoluer. Envoyez le tout en recommandé avec suivi.

Étape 4 : Patienter 2 à 4 semaines, jusqu'à l'e-mail du KVAC vous annonçant que votre passeport (avec le visa dedans) est prêt.

Côté timing : la demande ne peut être déposée que dans les 6 mois précédant votre départ, et les autorités coréennes recommandent de la déposer environ 2 mois avant, surtout en haute saison. Vos 12 mois de PVT commencent le jour de votre arrivée en Corée.

Mon expérience : de la paperasse de janvier au départ en été

Pour vous donner une idée concrète du calendrier : j'ai commencé mes démarches dès le mois de janvier, pour un départ prévu début été. Environ six mois et honnêtement, je ne regrette pas d'avoir pris cette marge.

Ce temps m'a servi à étaler les démarches sans stress : le casier judiciaire et son apostille d'abord, puis le certificat médical, l'assurance, l'attestation bancaire (à demander en dernier, puisqu'elle doit être toute récente au moment de l'envoi du dossier). Pendant ce temps, j'ai aussi pu réfléchir sérieusement à mon programme de séjour, économiser, et préparer mon départ l'esprit tranquille.

Mon conseil : ne voyez pas ces six mois comme de l'attente, mais comme une piste d'élan. C'est le moment idéal pour commencer le coréen, vous renseigner sur les régions, et arriver en Corée avec un vrai projet plutôt qu'une valise et un point d'interrogation.

Et une fois sur place ? Mon parcours : du volontariat au premier emploi

Je n'ai pas cherché de travail dès la descente de l'avion. J'ai commencé par du woofing : quelques heures d'aide par jour contre le logement et les repas, au sein d'une ferme éducative coréenne à Gimhae près de Busan. C'est, à mon sens, l'une des meilleures façons d'atterrir en douceur : pas de loyer à payer les premières semaines, une immersion immédiate, et le temps d'observer le pays avant de décider où poser ses valises. C’est aussi l’occasion de rencontrer de nombreuses personnes du même âge qui voyagent aussi en Corée et de récolter de nombreux conseils qui sont essentiels pour s’installer.

Ensuite, je me suis installée dans une ville où j'ai trouvé un travail dans une agence de cours d'anglais pour maternelles. Et là, une découverte : ce type d'emploi est très bien payé en Corée. L'éducation y occupe une place centrale, les parents investissent énormément dans l'apprentissage des langues dès le plus jeune âge, et les profils francophones parlant anglais y trouvent de vraies opportunités.

Deux enseignements de cette période :

  • Le travail se trouve difficilement depuis la France. Les employeurs coréens veulent vous rencontrer. Arriver avec un matelas financier (les fameux 2 500 €) et se laisser quelques semaines pour chercher est une stratégie tout à fait viable.

  • Quelques bases de coréen changent tout. Pour l'entretien d'embauche, pour comprendre son contrat, pour la vie de tous les jours. C'est le premier conseil que je donne à tous ceux qui préparent leur PVT et c'est exactement pour ça que Jonghyuk a conçu des cours pensés pour les futurs PVTistes. A mon sens arriver ne serait-ce qu’avec un petit niveau de coréen sera toujours mieux qu’avec rien du tout. Pour ma part j’ai suivi des cours individuels pendant trois mois avant mon départ en coréen et je peux sincèrement dire que cela m’a beaucoup aidé. N’hésitez pas à checker l’offre de cours de Jonghyuk (individuels ou collectifs) ou même à tout simplement nous contacter. Nous pourrons réfléchir ensemble à la meilleure manière de préparer votre année à l’étranger. Le premier appel est gratuit et sans engagement donc pas d’inquiétude !

À l'arrivée : la Residence Card, l'étape à ne pas oublier

Une fois en Corée, vous devez vous enregistrer auprès du bureau de l'immigration coréen pour obtenir votre carte de résident étranger (Residence Card). C'est obligatoire (vous avez un délai de 3 mois après votre arrivée) et c'est elle qui débloque la vie quotidienne : compte bancaire, forfait téléphonique coréen, contrat de travail.

Attention à un détail que personne ne m'avait expliqué : le bureau d'immigration où vous faites la demande dépend de l'adresse que vous renseignez. Votre carte sera donc rattachée à cette adresse. Si vous savez que vous n'allez pas rester là où vous atterrissez (parce que vous commencez par du woofing ou quelques semaines d'exploration, comme moi) je vous conseille d'attendre d'être installé dans votre “vraie” ville avant de faire la démarche. Vous êtes dans les temps tant que vous restez sous les 3 mois. Moi, je l'ai faite trop tôt : je me suis retrouvée avec une adresse qui ne correspondait plus à rien une fois installée ailleurs, et croyez-moi, ce n'est pas le genre de détail qu'on a envie de gérer en coréen administratif.

Le jour J, prévoyez le formulaire de demande, votre passeport avec le visa, des photos d'identité et les frais de dossier. La carte est généralement délivrée en quelques jours.

Nos conseils pour bien préparer votre PVT

Ce que je retiens de mon année, et de celles des personnes que nous avons accompagnées depuis :

Commencez tôt, mais pas trop tôt. Six mois avant le départ, c'est le bon tempo : assez pour tout faire sereinement, et pile dans la fenêtre autorisée pour déposer la demande.

Ne planifiez pas toute votre année à Séoul. Beaucoup de PVTistes s'y installent par défaut, là où le coût de la vie est le plus élevé du pays. Des villes comme Daegu, Busan ou Gwangju offrent des loyers plus doux, une vie locale authentique et souvent moins de concurrence pour les emplois. C’est vraiment le point sur lequel j’aurais tendance à le plus insister. Même si Séoul est effectivement très intéressante il y a de nombreuses villes en Corée du Sud où s’installer pour un PVT peut être incroyable. Miser sur des villes plus petites vous permettra de faire face à moins de concurrence pour trouver du travail par exemple. Si vous souhaitez discuter des options de ville n’hésitez pas à nous contacter, nous pourrons en discuter.

Pensez au woofing ou à des formules similaires pour vos premières semaines. Zéro loyer, immersion totale, et le temps de choisir votre ville en connaissance de cause.

Et si vous voulez être accompagné, c'est exactement ce que nous proposons chez Blabla Korea : préparation du dossier, recherche de logement, ouverture de compte bancaire, installation sur place. À deux : moi qui suis passée par toutes ces étapes en tant que Française, Jonghyuk qui connaît son pays de l'intérieur, nous connaissons les deux rives.

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