Comprendre la culture du repas en Corée du Sud

Par Jeanne

Quand je suis arrivée en Corée pour la première fois, je pensais m'en sortir. J'avais regardé quelques vidéos, lu deux ou trois articles, je savais qu'on mangeait avec des baguettes et que la nourriture coréenne avait tendance à être épicée.

Dès le premier repas avec des collègues coréens, j'ai enchaîné les petites erreurs. En souriant, sans me rendre compte de rien. C'est Jonghyuk qui m'a expliqué, beaucoup plus tard, pourquoi certaines personnes avaient eu l'air gêné ce soir-là.

Alors voilà, je vous épargne mes erreurs en vous donnant quelques petits conseils qui auraient pu me servir.

On ne se sert pas soi-même (enfin, pas d'abord)

En Corée, à table, on fait attention aux autres avant de faire attention à soi. On remplit le verre de son voisin, on lui propose à manger, on attend que les aînés commencent avant de plonger sa cuillère. C'est un réflexe automatique pour tous les Coréens et une notion plutôt étrangère pour la plupart des Occidentaux.

Le verre ne se remplit pas tout seul, et surtout pas par vous

Ça, c'est la règle qui m'a le plus surprise. En Corée, on ne se ressert pas à boire soi-même. On surveille le verre des autres, et quand il est vide (ou presque), on remplit. En échange, quelqu'un fera pareil pour vous.

Et quand on trinque, on trinque vraiment. Avec tout le monde à table. Un par un si besoin. Autre détail important : on boit cul sec ou on boit par grandes gorgées. Siroter son verre de soju par petites gorgées comme un thé chaud... disons que ça se remarque. Je l'ai fait, plusieurs fois, et je peux vous dire que j’étais la seule autour de la table.

Le banchan, ce n'est pas l'entrée

En Corée, le repas arrive en même temps : un bol de riz, un bol de soupe, et une multitude de petits plats appelés banchan : kimchi, épinards assaisonnés, galettes de courgettes, oeufs marinés... Tout ça est partagé, tout le monde pioche dans les mêmes plats.

Mon erreur ? J'ai cru que les banchan étaient l'entrée. Je me suis servie généreusement, j'ai tout mangé, très contente de moi. Sauf que le plat principal n'était pas encore arrivé. Et que j'avais vidé la moitié des petits plats à moi toute seule.

Ne pas finir son assiette, vraiment ?

Alors là, c'est l'inverse de ce qu'on nous apprend en France. Chez nous, finir son assiette = on a aimé, bravo. En Corée, finir absolument tout peut vouloir dire qu'on n'a pas eu assez à manger et l'hôte risque de se sentir obligé de vous resservir indéfiniment.

Laisser un petit peu dans son bol, c'est une façon polie de dire "j'ai bien mangé, merci". J'ai mis des semaines à désapprendre le réflexe "assiette propre = bonne élève".

La cuillère pour le riz, les baguettes pour le reste

En Corée, on utilise la cuillère pour le riz et la soupe, pas les baguettes. Planter ses baguettes verticalement dans le riz ? IL vaut mieux éviter : c’était à l’origine un geste réservé aux offrandes funéraires. Faire passer de la nourriture de ses baguettes à celles de quelqu'un d'autre ? Même chose, même symbolique.

Ce que j'ai compris après tout ça

La culture du repas en Corée n'est pas compliquée : elle est juste différente. Et une fois qu'on comprend la logique derrière (le respect des aînés, l'attention aux autres, le repas comme un vrai moment de partage), tout devient naturel.

Ce qui m'a le plus frappée, c'est que personne ne m'a jamais reprise ouvertement. Les Coréens sont très bienveillants, surtout avec les étrangers qui font des maladresses. Mais je préfère quand même arriver en sachant.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur les règles d’étiquettes en Corée sachez que nos packages incluent une préparation culturelle avant le départ. Parce que voyager bien, c'est aussi voyager informé.

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